Le Journal illustré - Auguste Pavie

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Le Journal illustré
Trente-troisième année  -  N° 50 du dimanche 13 décembre 1896

En couverture :
L'explorateur PAVIE
Dessin de Henri MEYER - Gravure de NAVELLIER.
Pages 393 à 400

Texte de la page 395

L'explorateur Pavie

Un décret rendu le 23 novembre sur la proposition des ministres des Affaires étrangères, de la Guerre, de la Marine et des Colonies, vient de nommer au grade de commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur M. Pavie, pour ses longs et remarquables services en Extrême-Orient.
Nos lecteurs ont pu lire à plusieurs reprises dans le Petit Journal le récit des diverses missions dont M. Pavie fut chargé par le gouvernement ; nous voudrions néanmoins profiter de l'occasion qui se présente pour tracer du ministre plénipotentiaire actuel et de ses longs services un tableau qui résume ce que nous devons à son activité en Indo-Chine.
Les débuts de M. Auguste-Jean-Marie Pavie ont été des plus modestes.

Né à Dinan, le 31 mai 1847, il quitta la France comme simple soldat d'infanterie de marine. Au bout de quelques années de service, il entrait dans l'administration coloniale des postes et télégraphes, et pendant longtemps, il parcourait en tous sens la Cochinchine, étudiant les mœurs et les idiomes des peuples de l'Extrême-Orient.
Chargé en 1882 de diriger le raccordement des lignes télégraphiques de la Cochinchine et du Cambodge, M. Pavie, qui était alors commis principal, sentit bientôt qu'il pouvait rendre de plus utiles services dans un autre emploi. Il sollicita donc et obtint en 1885 d'être admis dans les consulats et débuta comme vice-consul de deuxième classe à Luang-Prabang. Nous le trouvons dès lors tour à tour consul et commissaire choisi pour le règlement des frontières en Indo-Chine en 1889 ; consul général et chargé d'affaires à Bangkok en 1891 ; enfin ministre résident à Bangkok en février 1892.
Pendant cette longue série d'années, M. Pavie n'a pas cessé un seul instant d'exercer avec une infatigable activité ses doubles aptitudes de diplomate et d'explorateur.
Ainsi s'écoulèrent seize années de labeur, de fièvre, de voyages à pied, à cheval, à dos d'éléphant, en pirogue, sur des fleuves inconnus, à travers des forêts vierges, parmi des pays sans chemins, au milieu de populations étranges dont la langue est à peine intelligible, même aux plus exercés ; dont le parler, grâce à de multiples dialectes, diffère sans cesse d'un village au village voisin, et cela pendant un parcours de trente-six mille kilomètres, sur un territoire vaste une fois et demie comme la France.
Dans cette immense entreprise, M. Pavie a été secondé par une quarantaine d'explorateurs qui se relayaient auprès de lui et dont dix ont été dévorés par le climat. Lui-même a souffert et revient épuisé par ce long effort. C'est un homme d'allure simple, d'apparence modeste, l'œil glauque un peu rêveur ; une grande barbe grise descend sur sa poitrine ; la parole est rare et sans emphase ; l'aspect général laisse une impression mêlée de force et de douceur.
C'est bien là, en effet, la caractéristique de M. Pavie comme explorateur. Ces âpres contrées, même les plus rudes, les plus sauvages, les plus reculées, même celles qui sont des repaires de pirates, il les a parcourues sans aucun appareil guerrier, presque sans escorte et sans armes : il ne portait pas même un fusil de chasse.
M. Pavie a ainsi renouvelé la tradition des grands explorateurs : il a employé avec simplicité le procédé de Livingstone qui, trente ans de suite, erra seul, avec sa femme, au centre de l'Afrique, presque toujours protégé par les noirs eux-mêmes qui l'aimaient et le respectaient, ces mêmes noirs, que, depuis Stanley, brutal conquérant. …
M. Pavie a parcouru de la sorte le Laos, le Nord de l'Annam, les provinces de Luang-Prabang ; partout on l'a bien reçu ; partout on lui a donné généreusement l'hospitalité ; partout il a su faire aimer, à force de mansuétude et de justice, le nom français. C'est en partie grâce à lui que le Laos et toute la rive gauche du Mé-kong, récemment annexés à notre colonie, ont accepté docilement leur réunion à la France.
Trois missions successives placées sous sa haute direction avaient été consacrées à ces délicates négociations.

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